Saturday, November 7, 2026

Conquête de l'Est de la RDC par le Rwanda. Un plan géostratégique datant de la fin de la Guerre froide.

 

Kagame-Kabila-Nangaa

Pourquoi Kagame défie les sanctions américaines. Les origines de l’occupation de l’Est du Congo par le Rwanda.

Les racines profondes de la nouvelle rébellion du Front pour la Refondation de la Nation (FRN) de Joseph Kabila et ses répercutions sur toute la région.

Par Emmanuel Neretse
Bruxelles, Belgique

Le 7 Novembre 2026

Introduction:

Déclaration de guerre de Joseph Kabila à la République Démocratique du Congo (RDC)

Le 12 octobre 2026, à Goma, Joseph Kabila a déclaré à la surprise générale avoir pris la tête d'un nouveau groupe armé, le Front pour la Refondation de la Nation (FRN), qui absorbe l’AFC/M23. Trente ans après l’AFDL de son supposé père, l’ancien president de la RDC prête de nouveau un visage congolais à une guerre conduite par Kagame, au risque de continuer à rendre un espace chaotique.

Apothéose de comment Hyppolite Kanambe alias Kabila a manipulé les Congolais après la mort de Mzee Laurent Désiré Kabila et depuis 2006 avec le CNDP, 2012 avec M23-1, début de cette aggression, 2021 avec M23-2, AFC, TWIRWANEHO, RED TABARA, FNL, GUMINO, ANDROID, CODECO, ADF NALU, ADF MTN, et aujourd'hui avec FRN !

Ainsi la vraie couleur de Joseph Kabila se manifeste petit à petit. Il ne se cache plus, il informe les Congolais qu'il était le grand organisateur des groupes armés pour maintenir le régime démocratiquement élu sous menaces et pressions jusqu'à ce qu'il tombe.  Joseph Kabila incarnant Paul Kagame est donc et reste le grand danger pour la République.

Mais les actes et engagements de Joseph Kabila au service de Paul Kagame depuis 1996 se comprennent mieux en relisant le livre du Tutsi et un des fondateurs du FPR de Paul Kagame qui se nomme Valens Kajeguhakwa, livre qu'il a publie en 2001.[1][2]

Dernier développement

Cette déclaration de guerre de Joseph Kabila à la RDC, un pays sur lequel il a régné pendant 18 ans, a donc en réalité pour objectif de provoquer puis de de fournir à l'envahisseur Paul Kagame un prétexte apparemment crédible comme quoi ce serait une guerre entre Congolais (traîtres v/s patriotes)! 

Joseph Kabila est en effet sorti du bois quelques semaines après que le gouvernement légitime ait soumis au Parlement et aux instances judiciaires un projet de loi pour l'organisation d'un référendum pour que le peuple se prononce sur la Constitution actuelle qui date de 2006.

Aussitôt ce projet de référendum rendu public, les principaux partis d'opposition se sont coalisés dans une structure baptisée C64. 

C'est dans cette atmosphère politique tendue que Joseph Kabila les a tous surpris en déclarant la guerre le 12 Octobre 2026 à la tête de son FRN qui venait d'avaler l’AFC/M23.

Voulant coller à l'actualité, les cinq dirigeants de la nouvelle coalition de l'opposition C64 ont décidé de se rencontrer le 27 octobre 2026 à Rome en Italie. Ce fut la première réunion physique depuis la création de la coalition pour Martin Fayulu, Delly Sesanga, Jean-Marc Kabund, Matata Ponyo et Moïse Katumbi, ces deux derniers vivant en exil. À l'issue de ce conclave, ils ont publié une déclaration dans laquelle ils disent vouloir rencontrer le Président Tshisekedi, mais aussi l'ancien Président Kabila, qui vient de prendre la tête de la rébellion dans l'est de la RDC.[3]

À l'issue des discussions de Rome, ses cinq dirigeants disposent d'un texte commun. Reste à obtenir des interlocuteurs qu'ils acceptent les rencontres proposées et une concertation sur les conditions du dialogue. Le FRN s'est dit le même mardi 27 octobre prêt à rencontrer la délégation de la C64. Aucun calendrier n'était toutefois précisé.

Sauf que, pour certains analystes et spécialistes de la région, vouloir rencontrer d’une part le Président de la République, d’autre part un Président honoraire condamné pour trahison, c’est risquer de placer sur un même plan, le Chef de l’État élu et le chef d’une rébellion. Une telle neutralité profite, qu’on le veuille ou non, à celui qui a pris les armes contre les institutions.

Ceux qui se disent “opposants” en RDC” n'apportent rien de nouveau dans le processus de restaurer la paix et l'intégrité territoriale à l'Est de la RDC.

Rôle et poids de la CENCO du Cardinal Fridolin Ambongo

La C64 appelle à relancer la facilitation africaine conduite par l'Angola et le Togo, autour de la médiation des Églises catholique et protestante (CENCO et ECC). Elle demande des engagements accompagnés d'un calendrier et de mécanismes précis de vérification. Cette exigence d'inclusivité rejoint l'alerte lancée la veille à en Italie, par le Cardinal Fridolin Ambongo. L'archevêque de Kinshasa y a dénoncé un dialogue bloqué par des préalables et des exclusions: « Un dialogue qui exclut ceux avec qui l'on est en guerre n'est pas un dialogue: c'est un monologue. »

Ce prélat qui comme par hasard ou pure coïncidence se trouvait aussi à Rome lors de la rencontre de cinq opposants coalisés sous C64 se veut donc incontournable dans tout processus politico-diplomatique en RDC. Déjà parrain de Corneille Nangaa qui fut l'acolyte de la CENCO lorsqu'il présidait la CENI dont la “Messe”, à savoir nommer les “élus” à tous les échelons et dans tout le pays, cette messe était dite par ces prélats de la CENCO qui avaient exigé la nomination de Corneille Nangaa à ce poste. Ils l'avaient aussi béni il y a deux ans quand il s'est transformé en chef rebelle armé à la tete de AFC/M23. Voilà maintenant que ces mêmes prélats encensent Joseph Kabila qui vient de l'avaler pour ne plus continuer à trop ressembler à Paul Kagame qui occupe l'Est de la RDC.

Pourquoi Paul Kagame ne cède pas et persiste dans son aventure criminelle et cela en violation du Droit International: Constat consternant. 

Dans cette guerre relancée par Paul Kagame contre la RDC en 2021, face aux tentatives de médiation même par des puissances comme les Etas Unis, on assiste à un entêtement et au mépris en toute impunité du Droit International par le dictataire sanguinaire du Rwanda Paul Kagame.

Ces superpuissances et entités censées faire respecter le Droit international et sanctionner comme il se doit les récalcitrants comme le régime Tutsi de Paul Kagame semblent acculées à faire croire à l'opinion publique qu'elles sévissent contre Paul Kagame pour ces violations du Droit en RDC tout en le laissant commettre ses crimes de guerre et contre l'Humanité. 

Nous pouvons citer (sans les développer davantage) les raisons et motifs possibles de ce cynisme des superpuissances occidentales qui n'osent pas franchir le pas pour mettre un terme au régime dictatorial et sanguinaire du FPR de Paul Kagame tout en faisant espérer à ses victimes au Rwanda et dans la région des Grands Lacs surtout à l'Est de la RDC qu'elles auront un jour la paix alors que Paul Kagame est toujours au pouvoir et est à l'oeuvre pour saper cette paix.

Cette situation paradoxale et scandaleuse est due aux facteurs suivants:

1. Concours de circonstances favorables au dictateur et criminel Paul Kagame du Rwanda.

a) Le monde est devenu unipolaire et est dirigé selon la Loi du plus fort et non par le Droit.

b) La faiblesse voire l'effacement de l'ONU dans la marche de ce monde même en ce qui concerne le maintien et le rétablissement de la paix, pourtant sa raison d'être.

c) Traitrise doublée d'inconscience d'une certaine classe politique Congolaise et de la Société civile de ce pays.

2. Raisons pour lesquelles ce qui est appelé la Communauté Internationale laisse faire Paul Kagame dans la commission des violations du Droit international, crimes de guerre et contre l'humanité.

Certaines puissances ou entités ayant créé le FPR depuis 1987, ont planifié la conquête militaire du Rwanda par la minorité Tutsi issue de l'armée ougandaise, ont mis Paul Kagame à la tête de cette clique et ont permis sa prise du pouvoir  en 1994 après une guerre meurtrière de près de 4 ans de 1990 à 1994, ne voudraient pas se contredire en reconnaissant que leur plan stratégique était inhumain et destructeur pour la région des Grands Lacs.

Ce plan entendait mettre en essai la réponse et les conditions que quelques stratèges des Ecoles de guerre de l'OTAN avaient donné fin des années 80 aux questions suivantes:

“Dans un pays à deux ou trois ethnies très inégales en nombre de populations, l'ethnie minoritaire pourrait-elle accéder un jour au pouvoir dans ce pays car elle se retrouverait toujours perdantes lors des élections démocratique? Et si oui, comment y accéderait-elle et qu'est-ce qu'il faudrait pour qu'elle s'y maintienne?”

Les réponses des militaires candidats “Foudres de Guerre” à ces interrogations étaient claires, directes et sans équivoques:

1) Pour arriver au pouvoir dans un tel pays il faudrait que l'ethnie minoritaire y prenne le pouvoir par la force avec un groupe bien armé, encadré et soutenu par cartains pays voisins.

2) Pour s'y maintenir il faudrait que le régime insatallé par cette minorité ethnique soit dispensé des principes de la Démocratie comme l'existence de l'opposition, le principe électoral de “un homme une voix”, le respect des Droits de l'homme, etc. Il devrait être  dipensé aussi du respect du Droit international selon la Charte de l'ONU, etc.

3) Enfin, il faudrait que les puissancces qui ont favorisé ou permis cette prise du pouvoir par une minorité ethnique veillent toujours à ce que son régime n'ait pas à répondre socialement et économiquement par rapport à la majorité de la population maintenue dans la misère alors que tout (pouvoir, savoir, avoir, etc.) est accaparé par la minorité.

En 1988 nous avons personnellement eu la chance et le privilège d'assister à l'atelier stratégique mais purement académique qui débattait sur ce sujet mais sans nous douter un instant que ce schéma pourrait s'appliquer à notre pays le Rwanda.

Hélas, en 1990, les puissances de l'axe Anglo-Saxon ont donc donné ordre à leurs stratèges d'appliquer cette théorie sur le cas du Rwanda comme laboratoire et d'installer la minorité Tutsi au pouvoir dans les conditions définies par les théoriciens et surtout de l'y maintenir mais en lui dispensant des contraintes démocratiques et surtout en lui assurant l'impunité pour ses crimes. La mise en pratique de cette théorie dure donc depuis 36 ans et les initiateurs ne sont pas prêts à lâcher.

Nous allons citer certaines de ces entités et puissances et ce qui les motive.

a) Aux Etats Unis d'Amérique, le clan Bill Clinton qui a parié sur la conquête du Rwanda par les Tutsi venus d'Ouganda en 1994 et plus tard pour leur conquête de l'Est de la RDC en passant par le changement de pouvoir à Kinshasa pour y installer des Congolais supplétifs des Tutsi de Paul Kagame, ce puissant lobbie est toujours à la manoeuvre et ses leaders font partie du gouvernement bis dit: “Presidential Advisory Council” (PAC), de Paul Kagame.

b) Au Canada, le Général Roméo Dallaire qui fut dépêché sous couvert de Casque bleu de l'ONU en 1992 pour faire conquérir le Rwanda par le FPR de Paul Kagame et qui a réussi sa mission est comme “Sénateur à vie” toujours à l'oeuvre et n'entend pas voir de son vivant le régime qu'il a contribué à installer à Kigali être renversé ou démocratiquement changé. Et ceci d'autant plus que les personnalités durant la période couvrant le mandat du TPIR qui ont milité pour le déni de vérité et de Justice en ce qui concerne le régime Tutsi de Paul Kagame au Rwanda sont toujours actives au Canada et même sont promues. C'est le cas de Louise Arbour ancienne Procureure du TPIR qui a tout fait pour ne pas juger les crimes du FPR commis comme l'exigeait pourtant l'ONU à la création de ce Tribunal en 1994 et qui actuellement vient d'être nommée “Gouverneure Générale du Canada” donc Chef d'Etat représentant le Roi du Royaume Uni, le Canada étant une “Dominion” dont le Souverain est celui du Royaume Uni.

c) Au Royaume Uni, le clan Tonny Blair est toujours actif pour promouvoir les intérêts du régime dictatorial Tutsi de Paul Kagame du Rwanda. Tonny Blair et son entourage dont son épouse Cherie Blair font partie du fameux Gouvernement-bis de Paul Kagame le “Presidential Advisory Council” (PAC). Ils usent de leur influence pour faire pression sur la Justice pour qu'elle ne poursuive pas les agents de Paul Kagame pourtant pris en flagrant délit mais pour qu'elle s'acharne sur les opposants démocratiques et pacifiques à son régimes qui sont exilés en Grande Bretagne.

d) En France, c'est la Droite incarnée par Nicolas Sarkozy puis prolongée  sous la Macronie qui milite pour le régime dictatorial et sanguinaire Tutsi de Paul Kagame du Rwanda malgré des violations des Droits de l'Homme au Rwanda, ses crimes de guerre et contre l'humanité dans la région.

e) En Belgique, Paul Kagame a pu installer une machine politico-judiciaire pour lui assurer l'impunité et pour écraser ses opposants démocratiques qui ont trouvé asile dans ce pays ceci grâce aux milieux qui l'ont accompagné dans sa conquête militaire du Rwanda depuis 1990 jusqu'à présent avec l'occupation du Nord et du Sud Kivu en passant par l'invasion de la RDC en 1996. Parmi ceux-ci on peut citer la Droite radicale du parti MR anciennement PRL dominé par le clan des Michel, père et fils.

Pour cela il dispose des avocats qui se consacrent à le défendre en tout et à poursuivre ses opposants ou adversaires rwandais ou étrangers. Parmi ceux-ci on peut citer Me Bernard Maingain avocat aux barreaux de Bruxelles et de Paris et qui se trouve être l'avocat déclaré de Paul Kagame dans ces deux pays et donc en UE.  Ainsi voyant la diplomatie du Président Tshisekedi de RDC marquer des points en UE contre Paul Kagame, pour l'affaiblir et le discréditer, le 8 juillet 2025, Bernard Maingain, accompagné de son fils Brieuc, a déposé une plainte retentissante devant la justice belge contre neuf membres de la famille Tshisekedi, accusés de pillage systématique des mines en RDC. Mais derrière la robe d’avocat se cache un stratège politique, un homme dont les dossiers judiciaires épousent systématiquement les intérêts de Kigali. Il est donc un avocat dont l’engagement juridique est indissociable d’un militantisme pro-Kagame, d’une défense acharnée du Front Patriotique Rwandais (FPR), et d’une ingérence récurrente dans les affaires des Grands Lacs. C'est sûrement pourquoi on assiste à un jeu et une attitude de confusion et contradictions de la diplomatie officielle de la Belgique dans ce conflit. La diplomatie actuelle de la Belgique à sa tête le namurois Maxime Prévot ne sait plus comment se positionner entre les deux protagonistes qui sont aussi ses anciennes colonies.

Quelques atermoiements

Le 28 Octobre 2026, le Bureau de contrôle des avoirs étrangers (OFAC) du département du Trésor des États-Unis a imposé des sanctions au ministère rwandais de la Défense ainsi qu’à la « Zigama Credit and Savings Society ». Le Secrétaire au Trésor américain, Scott Bessent, a déclaré: «Le Rwanda doit cesser son soutien au M23 et retirer ses troupes de l’Est de la RDC. » [4]

Comme à son habitude, le régime dictatorial et sanguinaire Tutsi de Paul Kagame du Rwanda a vivement réagi avec des arguments fantaisistes et cyniques dont il a le monopole. Le régime de Paul Kagame prétend que: « Les accords de Washington [5] contiennent des engagements clairs (...), en particulier la neutralisation de la milice génocidaire FDLR soutenue par la RDC. » et que ces engagements, n'auraient pas été respectés, à ce jour et sans qu'aucune responsabilité n'ait été établie.

Déjà en en mars 2026, après les mesures américaines contre l'armée rwandaise, le gouvernement rwandais avait déjà affirmé dans un communiqué regretter des sanctions « à sens unique » qui « présentent une image déformée de la réalité du conflit. »

Le régime de l'agresseur Tutsi Paul Kagame continue donc de brandir le prétexte des FDLR en feignant d'ignorer le Protocole d'accord signé entre ces FDLR et le Gouvernement de RDC pour leur reddition, désarmement et cantonnement en cours et unanimement salué par la Communauté internationale à commencer par les Médiateurs et Facilitateurs dans cette guerre d'agression. Cette fois-ci encore le Rwanda de Kagame conteste et renvoie la balle à la RDC.

Ces sanctions sont censées signifier qu’une relation a changé. Pourtant, dans de nombreux domaines, les États-Unis restent un partenaire du Rwanda et Kagame y voit le point faible des sanctions: la preuve que la colère de Washington se limite à un ministère tandis que le reste de leurs relations continue.

Solution simple mais inatteignable par faiblesse, complicité ou désintérêt.

Il faut parler à Paul Kagame dans un langage qu'il comprend et maîtrise depuis son enfance et adolescence en Ouganda: le craquement des armes à feu.

Qui sont directement concernés et que devraient-ils faire?

- Le Gouvernement de la RDC et ses Forces Armées devraient comprendre que les quelques sanctions américaines symboliques infligées à Paul Kagame ne constituent pas une victoire définitive. Elles représentent seulement une opportunité diplomatique qui leur appartient de transformer en avancée concrète sur le terrain de sa souveraineté, de son intégrité territoriale et de la protection de ses populations. Donc clairement tout faire pour s'assurer un rapport de force favorable sur le terrain contrairement à ce qu'on a assisté depuis trois ans.

- Les opposants et victimes du régime dictatorial Tutsi de Paul Kagame. Les Rwandais épris de paix, de démocratie et des Droits de l'homme, quelles que soient leurs ethnies, régions ou options politiques, sans recourir nécessairement aux armes, devraient se convaincre que l'objectif commun et immédiat c'est le renversement, la neutralisation, le disparition, etc. de Paul Kagame quelles que soient les circonstances pour ensuite remplacer son régime dictatorial par un régime véritablement démocratique et faire du Rwanda un Etat de Droit.

En conclusion:

Paul Kagame a longtemps bénéficié d’une relation privilégiée avec les puissances occidentales, particulièrement les Anglo-Saxons, les Etats-Unis en tête. Mais les alliances internationales ne sont jamais des mariages d’amour. Elles sont d’abord des convergences d’intérêts. Les États-Unis n’ont plus les mêmes raisons stratégiques de soutenir un régime qui leur a été utile à un moment donné (après la chute du Mur de Berlin).

Le respect des droits de l'homme, de la démocratie et du bien-être du menu peuple au Rwanda, la paix dans la région des Grands Lacs, la stabilité des pays voisins du Rwanda, la meilleure défense des intérêts géostratégiques des puissances occidentales dans la région, etc. tout cela doit impérativement commencer par l'écartement ou la chute de Paul Kagame au Rwanda et cela par tous les moyens et le plus rapidement possible. Ceci devrait être l'objectif immédiat de tous les concernés et sans tergiverser ni nécessairement se concerter.

Références:

[1] Kajeguhakwa niwe wapangiye Kagame gahunda yo gutera Congo.

[2] Valens Kajeguhakwa. Rwanda. De la terre de paix a la terre de sand. Et apres? Editions Remi Perrin, Paris, 2001.

[3] RDC: l'opposition rejette tout changement constitutionnel et recours aux armes et veut rencontrer Tshisekedi et Kabila.

[4] Les États-Unis sanctionnent le ministère rwandais de la Défense pour son soutien au M23 en RDC.

[5] RDC: ce que révèle le mémorandum de coopération sécuritaire entre Washington et Kinshasa

Guerre à l’est de la RDC: Joseph Kabila se découvre pour couvrir Paul Kagame


Par Emmanuel Neretse
Echos d’Afrique
Bruxelles, Belgique

Le 20 Octobre 2026

Le 12 octobre 2026, à Goma, Joseph Kabila a pris la tête du Front pour la refondation de la nation, qui absorbe l’AFC/M23. Trente ans après l’AFDL de son père, l’ancien président prête de nouveau un visage congolais à une guerre conduite par Kigali, au risque de faire de la RDC un espace chaotique.

Trois logiques se rejoignent dans cette annonce. Celle de politiciens congolais qui, une fois écartés du pouvoir à Kinshasa, préfèrent voir la RDC devenir un espace chaotique plutôt qu’un État unitaire, à l’image de la Somalie après le départ de Mohamed Siad Barre, de la Libye après la chute de Mouammar Kadhafi ou du Soudan aujourd’hui. Celle d’une communauté internationale dont les efforts affichés pour rétablir la paix à l’est du pays se heurtent à ses propres intérêts géostratégiques dans la région. Celle enfin de l’« empire hima-tutsi » imaginé par l’Ougandais Yoweri Museveni, lancé par le Rwandais Paul Kagame, souhaité par le Kényan William Ruto et béni par le Sud-Africain Thabo Mbeki, qui se met en place sans effort grâce à des responsables congolais comme Joseph Kabila, Corneille Nangaa et consorts.

Trente ans après l’AFDL, le même scénario

Après la conquête militaire du Rwanda par le FPR, organisation des éléments tutsi de l’armée ougandaise, au terme de près de quatre ans d’une guerre meurtrière (octobre 1990-juillet 1994) achevée dans des massacres génocidaires, ces « returnees » ont continué de déstabiliser les pays de la région et de massacrer des populations civiles d’autres ethnies.

L’historien Bernard Lugan le rappelle dans un article de son bimensuel L’Afrique réelle, daté du 14 octobre 2026:

« En 1996, soutenu par les États-Unis et par la Grande-Bretagne, le Rwanda, qui avait décidé de renverser le maréchal Mobutu du Zaïre, trouva un prête-nom en la personne de Laurent-Désiré Kabila, vieux maquisard lumumbiste. Ce dernier fonda l’Alliance des forces démocratiques pour la libération du Zaïre (AFDL), dont la branche armée était formée par l’armée tutsi du Rwanda dirigée par James Kabarebe, bras droit de Paul Kagame, vrai maître du Rwanda conquis comme vice-président et ministre de la Défense.

Au mois d’octobre 1996, les forces tutsi rwandaises s’emparèrent de Bukavu, de Goma, de Kisangani, puis de Lubumbashi. Abandonné par la France, son dernier soutien en Occident, et gravement malade, le maréchal Mobutu fut incapable de résister. Le 17 mai 1997, Laurent-Désiré Kabila et l’armée tutsi du Rwanda entrèrent à Kinshasa. Le Zaïre redevint République démocratique du Congo (RDC) et James Kabarebe fut nommé chef d’état-major de l’armée. L’immense RDC était ainsi devenue le protectorat du « petit » Rwanda qui, à partir de ce moment, en pilla les richesses.

Trente ans plus tard, le Rwanda se trouva accusé par l’opinion internationale de mettre en coupe réglée une partie du territoire congolais. Il décida alors de donner le change en faisant oublier la trop grande visibilité du M23, son proxy. Aussi, et tout comme en 1996, il s’abrita derrière un prête-nom fondé pour la circonstance, à savoir le Front pour la refondation de la nation (FRN). À la tête de ce dernier, il mit un proche de James Kabarebe, l’ancien président congolais Joseph Kabila, condamné à mort par contumace pour trahison en septembre 2025.

C’est ainsi que le 12 octobre 2026, Joseph Kabila apparut à Goma entouré des chefs du M23, opportunément devenu le FRN. Président du mouvement, il a pour vice-présidents Corneille Nangaa, Bertrand Bisimwa et Sultani Makenga, qui tous trois formaient l’état-major de l’ancien M23 ou de ses proxys. Le FRN affirme agir au nom de l’article 64 de la Constitution, qui prévoit la légitime résistance à un pouvoir illégitime. Derrière ce « noble » prétexte, la réalité est que le Rwanda vient de déclencher une nouvelle guerre intra-congolaise à la faveur de laquelle il va pouvoir renforcer et pérenniser sa mainmise sur le Kivu. »

L’annonce a fait La Une de tous les médias qui suivent les Grands Lacs. Depuis Goma, l’ancien président a proclamé la naissance du FRN, coalition politico-militaire qui succède à l’Alliance Fleuve Congo (AFC), désormais dissoute. Corneille Nangaa et Bertrand Bisimwa en sont vice-présidents, tandis que le général-major Sultani Makenga, avec rang de vice-président, devient chef d’état-major général d’une « Armée révolutionnaire congolaise ». Dans sa déclaration, le FRN se dit déterminé à combattre le pouvoir de Kinshasa « par tous les moyens, y compris la force ».

Au-delà du changement de nom, la direction politique et militaire du mouvement est profondément recomposée: Kabila lui donne une figure de premier plan, et les chefs historiques de l’AFC/M23 conservent leurs fonctions. L’ancien chef de l’État prend ainsi officiellement le commandement des groupes armés soutenus par le Rwanda qui ont conquis et occupent le Nord et le Sud-Kivu depuis 2023.

Un pari qui arrange Kigali

Le gouvernement légitime de Kinshasa voit ses efforts, sincères, pour ramener la paix et la sécurité à l’est contrariés. Il n’a pourtant guère de raisons d’être surpris. Les autorités congolaises accusent depuis longtemps Joseph Kabila d’être le parrain de l’AFC/M23. Rentré en mai 2025 après plusieurs mois à l’étranger, il s’était rendu directement à Goma, alors aux mains des rebelles, et y a depuis effectué de nombreux séjours. Dans leur rapport de juin 2026, les experts des Nations unies sur la RDC documentaient l’ampleur de ses liens avec le mouvement et annonçaient un « remaniement en profondeur de la direction et de la structure du mouvement », dans lequel « Joseph Kabila devrait occuper des fonctions de premier plan ». Acculé à une guerre désormais officiellement déclarée par son prédécesseur, le gouvernement de Félix Tshisekedi doit se donner les moyens de se défendre, de résister et de l’emporter, en prenant le peuple à témoin.

Paul Kagame, lui, a tout intérêt à voir Kabila prendre la tête de la rébellion. Un ancien président connu de tous, devenu partie au conflit, donne à la crise un visage bien plus congolais que celui de rebelles jusque-là marginaux, tenus à bout de bras par un pays étranger. C’est l’opération de 1996 rejouée à l’identique : hier Laurent-Désiré Kabila, aujourd’hui son fils présumé.

Pour Joseph Kabila Kanambe, prendre la tête de l’ex-AFC/M23 rebaptisée FRN revient d’abord à protéger le Rwanda des sanctions internationales. Mais il était aussi acculé. Sanctionné par Washington, ses principaux collaborateurs arrêtés, son parti fragilisé, il a été condamné à mort par contumace fin septembre 2025 pour « trahison » et « crimes de guerre », la justice militaire l’ayant jugé parmi les initiateurs de l’AFC, branche politique du M23. À 55 ans, il n’avait plus grand-chose à perdre et joue sa dernière carte. Il ne pourra plus se contenter de commenter la guerre, les négociations et la conduite du pouvoir à Kinshasa: il devra répondre des décisions de l’organisation qu’il préside, y compris des crimes de guerre commis pour le compte du Rwanda de Paul Kagame.

Comme son père supposé en 1996, il se lance dans une guerre de conquête de la RDC au service de Paul Kagame, qui était et reste leur chef. Mais le contexte a changé. En 1997, l’administration de Bill Clinton couvrait de sa bienveillance à la fois le Rwanda et les rebelles. Après la chute de Mobutu, Laurent-Désiré Kabila et ses parrains rwandais voyaient dans les 2 345 000 km² de la RDC un butin de guerre qui leur revenait tout entier.

Joseph Kabila conserve néanmoins un avantage: des soutiens, ou du moins une bienveillance, dans la région. Certains sont actifs : l’Eswatini du roi Mswati III; la Namibie, où il possède des propriétés et résidences s’étendant sur plusieurs kilomètres carrés ; le Mozambique, devenu une base militaire de Paul Kagame, qui y déploie plus de 20 000 soldats; le Zimbabwe, refuge naturel de ses anciens officiers des FARDC poursuivis pour leurs crimes, comme le général John Numbi après l’assassinat en 2010 de Floribert Chebeya, défenseur des droits humains de l’ONG La Voix des sans-voix. D’autres agissent plus discrètement: l’Afrique du Sud, le Kenya, l’Ouganda et le Soudan du Sud.

Sur le terrain, il se déplace désormais entouré de tireurs d’élite éthiopiens, érythréens, rwandais et ougandais. Il se croit hors d’atteinte, mais n’est pas entièrement libre de ses mouvements dans les deux Kivu, que contrôlent pourtant ses troupes, supplétives de l’armée rwandaise.

Félix Tshisekedi peut, de son côté, compter dans une certaine mesure sur les États-Unis, même si Washington ne semble guère pressé de s’impliquer davantage. Un durcissement des sanctions américaines pourrait contraindre Kigali et le FRN à revoir leurs calculs. Rien n’est moins sûr, tant les intérêts géostratégiques des puissances occidentales semblent converger avec les intérêts mesquins de politiciens congolais comme Kabila et avec les desseins criminels et sanguinaires du régime de Paul Kagame.

Washington, Doha, l’Union africaine : des médiations prises de court

Ce coup de Paul Kagame, joué à travers la rébellion déclarée de Joseph Kabila, pourrait mettre hors-jeu dans les prochaines semaines les processus de Washington et de Doha. La confusion est totale, et les principaux acteurs peinent à réagir de façon cohérente. Les réactions américaine et qatarie seront décisives : les États-Unis ont sanctionné Kabila pour son soutien à l’AFC/M23, Doha conduit les négociations entre le gouvernement congolais et la rébellion. Tous deux devront mesurer ce que change la nouvelle organisation armée que l’ancien président vient de lancer sur l’échiquier diplomatique et militaire. D’autant que la déclaration du FRN met explicitement fin à l’AFC sans dire que le M23 disparaît, ni préciser ce que devient « Sauvons la RDC », la plateforme politique lancée par Kabila en 2025.

L’initiative de l’Union africaine sort ridiculisée de l’épisode. Ses facilitateurs, l’ancienne présidente éthiopienne Sahle-Work Zewde et les anciens présidents kényan Uhuru Kenyatta et botswanais Mokgweetsi Masisi, ont été reçus par Félix Tshisekedi le 9 octobre, au retour de Goma et de Kigali. Deux jours plus tôt, ils avaient croisé Joseph Kabila à Goma sans se douter qu’il y proclamerait sa rébellion et déclarerait la guerre le 12 octobre. Que pourraient-ils encore entreprendre? Kagame et « son » Kabila les mettent hors-jeu et se moquent de l’UA.

Le terrain militaire restera le premier indicateur de ce que l’arrivée de Kabila change réellement, dans la guerre, dans les négociations et dans son propre camp. Si les lignes de front bougent à l’est et si les opérations s’étendent au reste du pays, une telle avancée ne prouvera pas un quitus américain, mais rendra le processus de Washington encore plus caduc et incapable d’imposer la paix. Celle-ci n’a jamais figuré parmi les priorités de la superpuissance, quelles que soient les administrations qui se succèdent à Washington, tant les États-Unis cherchent d’abord à étendre leur emprise sur les régions du monde qui leur échappent encore.

De nouveaux combats mettraient aussi Doha sous pression. Depuis juillet 2025, le Qatar conduit une médiation en vue d’un véritable cessez-le-feu entre Kinshasa et l’AFC/M23. Maintenant que le FRN englobe celle-ci, ce processus a-t-il encore un objet?

À Kinshasa, une opposition face à ses contradictions

Les Congolais doivent savoir que ce qui se joue entre Joseph Kabila et Paul Kagame, qui pousse ses pantins de l’AFC/M23, n’a pas grand-chose à voir avec leurs intérêts fondamentaux. Il ne faudrait pas beaucoup d’efforts de communication pour les convaincre que l’ancien parti au pouvoir de Kabila n’est que la continuité de l’AFDL, la rébellion qui chassa Mobutu en 1997 avec l’appui du Rwanda. Le message tient en une phrase: « Que personne ne vous trompe: l’AFDL est devenue le PPRD, qui devient aujourd’hui le FRN. C’est ça, la vérité. »

En prenant la tête d’un groupe armé qui veut conquérir le pouvoir par les armes, Joseph Kabila s’exclut lui-même du dialogue national et inclusif que réclament les forces vives, l’opposition radicale et surtout la CENCO, autorité morale du pays. On ne peut prétendre combattre ce qu’on qualifie de tyrannie « par tous les moyens, y compris la force » et s’asseoir à une table de paix. En tant que chef de groupe armé, sa place serait plutôt à Doha; mais en lançant le FRN, il a précisément choisi de laisser parler les armes.

Ce choix donne une forme explicite à son engagement. Il trace aussi une ligne de partage avec ceux qui veulent continuer à s’opposer à Tshisekedi sans rejoindre une organisation armée, d’autant que soutenir publiquement un mouvement politico-militaire depuis la capitale expose à des risques bien différents de ceux encourus en exil ou à Goma. Plusieurs figures du PPRD, son parti, et de son ancienne famille politique prennent ainsi leurs distances. L’un d’eux le lui a dit sans détour: « C’est irresponsable de te proclamer derrière une agression qui endeuille les peuples que tu as gouvernés pendant dix-huit ans. Ces peuples avaient confiance en toi, pensaient que tu maîtrisais tout et pouvais aider à ramener la paix; au contraire, tu prends les armes pour les endeuiller davantage. » D’autres restent silencieux.

Dans l’opposition, en revanche, c’est le silence radio. La Coalition Article 64 (C64), qui rassemble des partis opposés à une révision de la Constitution, s’est réunie le mardi 13 octobre au soir sans publier la moindre déclaration. Entre nécessité politique et calcul d’opportunité, elle retient son souffle.

Le paradoxe éclate à l’approche du référendum et des élections de fin 2027. Dans un État de droit et sous un régime démocratique comme celui de la RDC, le peuple est régulièrement consulté pour choisir ses dirigeants ou trancher les grandes orientations. Lorsque ses représentants jugent que la loi fondamentale doit être adaptée à la situation et à l’intérêt supérieur de la nation, il revient au gouvernement légitime de lui soumettre la question par référendum, tout en respectant les échéances électorales. Or ceux qui se disent de l’opposition s’opposent ouvertement à une consultation référendaire, tandis que leurs alliés de l’« opposition politico-militaire » et des groupes armés relancent la guerre et jurent d’empêcher toute élection, y compris celle d’un nouveau président de la République à la fin du mandat en cours, fin 2027. Ces politiciens et rébellions congolais réclament ainsi une chose et son contraire.

L’ONU, la MONUSCO et l’Europe dans l’embarras

L’ONU, que le général de Gaulle qualifiait de « machin », se révèle une fois encore inefficace et incapable de remplir les missions que lui assigne sa charte. Même les résolutions du Conseil de sécurité qui échappent au veto des cinq membres permanents pour exiger la paix en RDC sont ignorées, voire moquées, par Paul Kagame. Ainsi de la résolution 2773 du 26 février 2025, dont le point 4 « demande à la Force de défense rwandaise de cesser de soutenir le M23 et de se retirer immédiatement du territoire de la République démocratique du Congo, sans conditions préalables ». Kigali n’en a tenu aucun compte, a au contraire renforcé ses troupes et lance aujourd’hui un nouveau groupe armé avec Joseph Kabila en façade.

On voit mal comment la MONUSCO, déployée en RDC depuis une vingtaine d’années, pourrait garantir la paix et la sécurité à l’Est face à une rébellion commandée par un ancien président, qui s’ajoute à l’AFC/M23. Des pans entiers du Nord et du Sud-Kivu, dont leurs chefs-lieux Goma et Bukavu, sont tombés aux mains des supplétifs de Paul Kagame, et les casques bleus se sont rendus « les mains en l’air » ou ont laissé l’envahisseur s’emparer de positions stratégiques. Même dirigée par un Américain, James Swan, la mission ne pourrait s’opposer militairement aux offensives du FRN.

L’Union européenne, comme toujours dans ce genre de crise, louvoie entre ses intérêts dans ses anciennes colonies africaines et la nouvelle stratégie mondiale des États-Unis, incarnée aujourd’hui par Donald Trump et son mouvement MAGA (Make America Great Again). Elle condamne publiquement l’agression de la RDC par le Rwanda et les crimes de ses supplétifs de l’AFC/M23, mais continue en coulisses de soutenir le régime de Paul Kagame et s’oppose aux sanctions, ou les contourne, qui viseraient ce régime dictatorial et sanguinaire pour les crimes qu’il commet à l’est de la RDC. Maintenant que Joseph Kabila occupe le devant de la scène et éclipse l’image de Kagame, on peut parier que l’UE, et en particulier sa diplomatie, laissera le FRN conquérir militairement le pouvoir ou semer un chaos généralisé. Les signes avant-coureurs sont déjà visibles.

Guerre totale, défaite ou chaos

Selon nos analyses et nos observations, les perspectives immédiates de la RDC sont sombres, et même inquiétantes pour son peuple. Trois scénarios se dessinent: une guerre généralisée jusqu’à la chute de Kinshasa et le retour de Joseph Kabila au pouvoir; une défaite militaire du FRN suivie du retrait total des troupes de Paul Kagame; ou, pire, une RDC réduit à un espace chaotique sans pouvoir unifié, comme la Somalie, la Libye ou le Soudan.

Face aux complots de l’Occident et de ses relais régionaux, le peuple congolais devrait rester vigilant et uni autour de sa souveraineté. Certains de ses citoyens l’en empêchent. La RDC risque ainsi de connaître le sort de ces grands pays peuplés et riches en matières premières réduits à de vulgaires « espaces chaotiques » où les puissances se servent à volonté, parce que des politiciens écartés du pouvoir préfèrent le chaos à un État unitaire.

C’est à ce jeu que se livre Joseph Kabila avec le FRN lancé sur le champ de bataille le 12 octobre 2026, convaincu que ses intérêts mesquins rencontrent ceux, criminels, du dictateur Paul Kagame et ceux, géostratégiques, des puissances qui dominent le monde. Tous préfèrent un espace chaotique, où chacun peut agir à sa guise, à un grand État unitaire qui échapperait à leur contrôle.

Reste à souhaiter bon courage aux rares vrais patriotes qui se sacrifient pour défendre la nation congolaise et faire échec à l’envahisseur rwandais Paul Kagame comme au traître Joseph Kabila, venu le couvrir avec son groupe terroriste, le FRN, qui vient d’avaler l’AFC/M23 de triste mémoire.