Friday, July 3, 2026

Le Mémorial de Paris et les questions qu'il soulève.

Mémorial de Paris
 J’ai suivi avec intérêt l’inauguration du mémorial en hommage aux victimes du génocide de 1994 au Rwanda, à Paris, le 2 juin 2026, en présence de Paul Kagame et d’Emmanuel Macron.

L’histoire est toujours juste ; le temps jugera les faits.

Ce que je peux dire, c’est qu’il est tout à fait juste de se souvenir des innocentes victimes du génocide et de faire en sorte que l’histoire de ce qui s’est passé ne soit pas effacée.

Cependant, certaines questions se posent :

Commémorer les victimes du génocide en présence de Paul Kagame, alors que son régime a envoyé certains rescapés du génocide en prison injustement et en a assassiné d’autres.

Les exemples sont nombreux

Si l’on demandait à Kagame les noms de plusieurs de ces survivants, où ils se trouvent et pour quelles raisons ils ont été persécutés, que répondrait-il?

En voici quelques-uns :

1. Rwigara Assinapol

2. Kizito Mihigo

3. Thadey Muyenzi

4. Venuste Rwabukamba

5. Christian Maniriho

6. Padiri Dominique Karekezi

7. Richard Mazimpaka

8. John Ndagijimana

9. Jean-Paul Mwiseneza

10. Anicet Kanamugire

11. Jean Bosco Namahoro

12. Christine Iribagiza

13. Niyomugabo Gerard Nyamihirwa

14. Gustave Makonene

15. Aimé Ntabana

16. John Ndagijimana

17. John Muhinda

18. Virginie Nyiraneza

19. Immaculée Mukaruzima

20. Elizaphan Nyemazi

21. Ntamuhanga Cassien

22. Aimable Karasira Uzaramba

23. Milimo Gaspard

24. Ndasingwa Landouard Lando

25. Myasiro Mathias

26. Seburikoko

27. Ruzibiza Abdul Joshua

Sans oublier des centaines de jeunes Tutsi du Rwanda qui fuyaient les massacres des Interahamwe du MRND et des Techniciens du FPR dans les zones conquises et contrôlées par les Inkotanyi de Paul Kagame.

Malheureusement, ces jeunes Tutsi et Hutu furent tués par le DMI du Général Kayumba Nyamwasa et de James Kabarebe (système AGAFUNI).

Selon des observateurs avertis, de nombreuses autres victimes réclament encore aujourd’hui une justice équitable.

Pour certains critiques, le mémorial de Paris ne constitue pas uniquement un lieu de mémoire destiné aux victimes. Ils estiment qu’il s’inscrit également dans des logiques politiques, diplomatiques et économiques dépassant la seule dimension mémorielle.

Ces critiques considèrent que certaines questions fondamentales demeurent insuffisamment abordées :

• Qui furent les auteurs des violences?

• Qui furent les victimes ?

• Quelle communauté a subi les pertes les plus importantes ?

• Quel fut le rôle du Front patriotique rwandais (FPR) dans le conflit ?

• Quel fut celui des Forces armées rwandaises (FAR)?

• Quels événements ont précédé et accompagné la guerre déclenchée le 1er octobre 1990?

Une contestation du récit historique dominant

Cette histoire a été écrite par l'armée ougandaise de Yoweri Kaguta Museveni Tubuhaburwa Jjaja, sur ordre et dans l'intérêt de ses patrons, le grand Empire britannique et ses alliés.

La guerre d’octobre visait l'extermination des peuples bantous d'Afrique afin de conquérir leurs terres et d'y établir un nouvel État d’Israël, comme l'avait prévu le président Theodor Herzl, fondateur du sionisme, avant sa mort en 1904.

Selon cette lecture de l’histoire, le récit généralement admis a été largement influencé par les vainqueurs du conflit.

Les défenseurs de cette thèse considèrent que certains aspects de l’histoire du Rwanda, notamment les événements de 1959, la guerre commencée en 1990 et les violences ayant touché diverses communautés, mériteraient un examen plus approfondi à partir des archives, témoignages et documents historiques disponibles.

Ils estiment que la mémoire collective devrait intégrer toutes les victimes et permettre un débat ouvert sur les responsabilités de l’ensemble des acteurs impliqués.

Ce que font certaines autorités françaises avec le gouvernement de Paul Kagame est, selon eux, une conspiration criminelle visant la culpabilisation des Hutus comme ethnie criminelle et la victimisation de tous les Tutsis comme ethnie victime, y compris les criminels connus, les agresseurs de l’armée ougandaise, y compris le général Paul Kagame, sans oublier les auteurs et planificateurs de cette guerre d’extermination du peuple bantou africain.

Le roi Kigeli V Ndahindurwa et son groupe d’extrémistes tutsis, INDATWA, ainsi que leurs groupes terroristes appelés « armée royale », ont planifié et perpétré des massacres dans tout le pays, tuant les dirigeants et les membres de la communauté hutu qui souhaitaient un changement pacifique et revendiquaient que le peuple hutu ait les mêmes droits que le peuple tutsi.

Un mouvement de résistance hutu contre l'esclavage et la servitude des Tutsis a été organisé pour défendre le bas peuple. La milice du roi Kigeli a tué de nombreux Hutus, dont Kanyaruka François, un commerçant de Butare qui avait fui avec sa famille à Ngozi, au Burundi. Le 11 novembre 1959, il fut tué en même temps qu’un Burundais, Renzaho, qui l’hébergeait.

Leurs femmes et leurs enfants ont été arrêtés et amenés au Rwanda comme otages. Ils furent emmenés au palais du roi Kigeli, à Rukali, dans le territoire de Nyanza, le 12 novembre 1959. Ils n’ont jamais été revus.

Après les massacres visant à éliminer les dirigeants hutus et les personnes qui voulaient se débarrasser du servage et du clientélisme tout en revendiquant l'indépendance, la Belgique et l'ONU ont organisé un film intitulé Justice pour les massacres de 1959.

La cour était composée exclusivement de juges et d’avocats belges.

La majorité des criminels ont été arrêtés et jugés, à l'exception de Kigeli V Ndahindurwa, seul à bénéficier de l’immunité de chef de l’État.

Deux criminels notoires, Kayihura Michel, chef des milices et du groupe d’extrémistes tutsis INDATWA, et un Mutwa, Rwevu Ndolimana, agent du Palais royal, ont échappé à la justice. Ils ont été jugés par défaut.

Dans ce film, des criminels ont été jugés et punis en 1960.

Le roi Kigeli V Ndahindurwa, protégé par l’administration de tutelle belge, s’est vu offrir une occasion de s'évader. On a affirmé qu'il se rendait à Kinshasa pour assister aux cérémonies célébrant l'indépendance du Congo. Il s'y est rendu seul, sans délégation ni escorte.

Ils l'ont aidé à se rendre aux États-Unis, à Washington, où il a pu plaider la cause de ses criminels auprès de ses soutiens à l'ONU afin d'obtenir une amnistie générale pour tous les assassins de l'UNAR.

L'ONU, par sa résolution n° A/RES/1579 du 20 décembre 1960, a ordonné que tous les assassins de l'UNAR bénéficient d'une amnistie. Ils furent immédiatement libérés afin de pouvoir participer aux élections du Référendum Kamarampaka, dont Kigeli lui-même avait demandé l'organisation et la supervision par l'ONU.

Seuls les assassins de l'UNAR furent libérés. Parmi eux figurait le père de Nyiramongi Jeannette, première dame du Rwanda, Murefu Léonard, numéro 45 sur la liste des amnistiés.

Après la prise du pouvoir par l’armée de Museveni et Kagame, Murefu fut tué par l’armée de Kagame en 1995, à Kicukiro, près de Sonatube, dans la ville de Kigali.

Ce qui est paradoxal, c’est que les Hutus qui avaient participé aux massacres et avaient été jugés furent maintenus en prison, car personne n'avait demandé amnistie en leur faveur.

Une amnistie générale avait été accordée sur la base d'une liste de noms fournie par Kigeli Ndahindurwa en accord avec le Colonel Logiest.

Cette amnistie a été accordée sans compensation pour les victimes, dont les biens avaient été détruits ou pillés.

L'ONU et l'UNAR avaient donc un objectif commun en établissant un système de justice pénale qui ne prévoyait ni indemnisation ni dommages-intérêts pour les victimes.

Les juges qui ont entendu ces affaires ONU/UNAR et Belgique sont :

1. Lieutenant-colonel Émile Lamy, Président ;

2. Les juges:

• le major Guffens;

• le major De Coster;

• le commandant Michel;

• le lieutenant Frans.

Les représentants de l'UNAR et les complices de Kigeli au sein de l'ONU sont :

1. Antoine Houaiss (Brésil);

2. Martial Asselin (Canada);

3. Ahmed Ben Alfa (Tunisie).

Cette histoire fut relayée par la propagande des meurtriers tutsis de Kigeli et de l'UNAR, avec l'aide de leurs maîtres coloniaux de l'Empire britannique, utilisant leurs propres journaux et magazines.

Ils ont répandu le mensonge selon lequel ce sont les Hutus qui ont tué les Tutsis, incendié leurs maisons, abattu leurs vaches et les ont expulsés du Rwanda. Ce récit a inspiré plusieurs films du même niveau que celui de Hôtel Rwanda.

La vérité est qu'à part le Hutu Kanyaruka François, qui a fui au Burundi et y a été tué par l'armée de Kigeli dirigée par le chef Mbanda et le sous-chef Rutayisire, l'assassin tutsi Kayihura Michel, qui était un leader du groupe extrémiste tutsi INDATWA, et le Mutwa Rwevu Ndarimana, personne d’autre n’a fui en 1959, ni avant le Référendum de 1961. C’est cela la vraie réalité.

Ce n'est qu'en 2021 que l’on a commencé à découvrir des documents contenant des preuves tangibles et irréfutables de la vérité.

L'histoire se répète

Compte tenu des preuves détaillées contenues dans le mémorandum adressé au Conseil de sécurité des Nations Unies en février 2008 par un groupe de volontaires rwandais :

1. Général Habyarimana Emmanuel;

2. Déogratias Mushayidi;

3. Noël Ndanyuzwe;

4. Karangwa Semushi.

Il s'agit d'un dossier rempli de preuves et d'explications sur la façon dont cette tragédie de guerre d’invasion et d’extermination des Bantous s’est produite au Rwanda et dans toute la région des Grands Lacs, et qui, aujourd’hui, tente d’infiltrer l’Afrique noire subsaharienne.

Cette guerre était planifiée à partir de la présidence de l’Ouganda par Museveni et ses criminels.

Bien sûr, sur ordre de l’Empire britannique, des noms comme la baronne Linda Chalker et Tiny Rowland, l’un des patrons du groupe LONRHO, apparaissent parmi les planificateurs de ce génocide.

Nous savons bien qu’il existe un groupe d’élites mafieuses politico-commerciales françaises qui manipulent des présidents et des politiciens africains, y compris Paul Kagame, pour massacrer les Hutus du Rwanda et les Bantous d’Afrique, ainsi que pour piller les ressources naturelles et toutes les richesses de l’Afrique au profit de ces néocolonialistes anglo-saxons et de leurs alliés, comme la France et la Belgique.

Le Mémorial de Paris est purement commercial entre de petits groupes mafieux de Paris et de Kigali.

Conclusion

Commémorer le génocide à Paris sans pouvoir évoquer l’attentat contre l’avion transportant le président rwandais Habyarimana et le président burundais Ntaryamira le 06/04/1994, un attentat considéré comme l’acte déclencheur du génocide et qui a également coûté la vie à des citoyens français, n’a pas de sens.

Comment commémorer à Paris sans pouvoir parler du courage des soldats français qui auraient sauvé plus de 11 000 personnes pendant le génocide dans le camp de Nyarushishi, à Cyangugu, à l’ouest du Rwanda?

Une commémoration organisée en présence de Paul Kagame, lui-même accusé de crimes de guerre, de crimes contre l’humanité, voire de génocide selon le Rapport Mapping des Nations unies, ayant causé la mort d’innombrables Rwandais et Congolais avant, pendant et après le génocide sersit-il compréhensible?

Se souvenir et se reconstruire sera difficile si ceux qui sont accusés de crimes graves, comme Kagame, sont ceux qui prennent la parole et disent ce qu’ils veulent afin d’imposer le narratif du pouvoir dictatorial au Rwanda.

Il est temps que des initiatives comme celle-ci soient davantage confiées aux survivants qu’à des autocrates et à des criminels présumés comme Paul Kagame.

Le temps demeure le meilleur juge.

Comme l’a déclaré Mgr Desmond Tutu:

« If you are neutral in situations of injustice, you have chosen the side of the oppressor. »

Et comme l’affirmait Grégoire Kayibanda:

«Toute ma vie pour vous, mes frères».

L’histoire finira par établir les responsabilités de chacun. La mémoire des victimes mérite mieux que les divisions politiques ; elle mérite la vérité, la justice et le respect.

Me André Kazigaba

L’histoire est toujours juste; le temps jugera les faits.

Vivre libre ou mourir!

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