Thursday, February 9, 2012

Canada: Communiqué de presse de la famille Mugesera

Leon Mugesera
Québec, le 5 février 2012, nous avons imploré le Canada de respecter ses obligations internationales et de ne pas refouler notre père et mari vers le Rwanda conformément à la requête du Comité contre la torture du Haut-Commissariat des Nations Unies aux droits de l’homme (ONU) en date du 11 janvier 2012.

En refoulant notre père et mari malgré sa crainte d’être soumis à la persécution et à la torture au Rwanda sans lui laisser le temps nécessaire de trouver une autre terre d’asile, le Canada a violé ses obligations internationales en matière de protection des réfugiés et nous avons toutes les raisons de croire que le Canada ne condamne plus la torture sans réserve.
Le Canada a violé les droits de notre père et mari à la vie, à la liberté et à la sécurité de sa personne, à la présomption d’innocence, d’avoir un procès juste et équitable devant un tribunal indépendant et impartial et de ne pas être soumis à des peines cruelles,  dégradantes et inusitées. Par la violation des droits fondamentaux de notre père et mari, le Canada a créé l’occasion pour le Rwanda de mettre en scène une mascarade de justice et a fourni la caution morale et politique à toute violation présente et future des droits fondamentaux de notre père et mari par le Rwanda. Toute violation des droits fondamentaux de notre père et mari ne sera que la suite nécessaire et irrésistible de la violation originelle de ses droits par le Canada (ex injuria jus non oritur).
Notre père et mari a supplié le Canada pendant plus d’une décennie de le poursuivre pour les faits qui lui étaient reprochés  devant les tribunaux Canadiens en vertu de la Loi sur les crimes contre l'humanité et les crimes de guerre, tel que l’ont été d’autres individus soupçonnés d’avoir commis des crimes terribles au Rwanda (2 poids, 2 mesures). Notre père et mari n’a jamais fui la justice, il a demandé d’être protégé contre l’arbitraire de la justice de brousse du Rwanda qui veut lui faire porter la responsabilité de crimes effroyables commis au Rwanda en 1994, alors qu’il n’y était plus depuis presque deux ans (une éternité en politique).
Le 23 janvier 2012, le Canada a délibérément et en toute connaissance de cause livré notre père et mari à un gouvernement que notre père et mari a dénoncé publiquement, fermement et sans interruption pour les crimes commis par ce gouvernement au Rwanda, au Burundi et en République démocratique du Congo depuis le 1erOctobre 1990 jusqu’à ce jour (incluant le 6 avril 1994), sans même nous laisser la chance de lui faire nos adieux. En 2004 le Canada a lui-même reconnu officiellement que l’actuel gouvernement au pouvoir à Kigali au Rwanda est une organisation criminelle à des fins brutales et limitées (Front Patriotique Rwandais). Reconnaissant par voie de conséquence que les membres de ce gouvernement ont commis des crimes de guerres, des crimes contre l’humanité incluant le génocide.
Le 23 janvier 2012 est une date noire pour nous, pour Léon Mugesera, pour le peuple Rwandais, pour le Canada, pour l’ONU et pour  les réfugiés du monde entier. Nous ne pourrons faire autrement que de tenir le Canada directement responsable de tout mal qui  sera fait à notre père et mari, un homme innocent qui ne s’est battu que par la voie des justes, celle du droit de réclamer que justice soit faite.
Compte tenu des circonstances,  et que notre père et mari est sans ressources financières, nous réitérons la requête de Me Guy Bertrand, pour que le gouvernement rwandais lui garantisse l’aide juridique nécessaire pour  qu’il puisse assurer les frais de son avocat. 
De plus, comme l’a demandé notre avocat Me Bertrand, nous croyons que le  gouvernement canadien devrait nommer un observateur indépendant pour surveiller le déroulement des procédures judiciaires et que notre avocat en soit informé régulièrement.   
La famille de Léon Mugesera
Le 9 Février 2012 
Pour toute information, veuillez communiquer avec 


Me Guy Bertrand
Téléphone: 1 (418) 683-8585
Courriel: gbertrand@guybertrandavocats.com

Guy Bertrand Avocats
250, Grande Allée Ouest, bureau 801
Québec (Québec), G1R 4H4
Canada


Articles de la même série:
The Rwandan Patriotic Front (RPF) is a criminal organization, a canadian court says.


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2 Comments:

At February 10, 2012 at 4:26 PM , Anonymous Anonymous said...

Madame Gemma Uwamariya n'a certes pas honte d'être la femme de Mugesera mais manifestement, elle n'a pas non plus honte de raconter des sottises.

En effet, on peut lire ceci dans cet article : « Ce sont eux les criminels, c'est eux qui ont attaqué le Rwanda le 1er octobre 1990. Ils ont attaqué le Rwanda, ils ont tué des gens, ils ont violé les femmes, ils ont massacré la population.

Et puis, quand Léon a prononcé son discours, c'était pour dénoncer ces atrocités de ces gens-là», affirme-t-elle avec aplomb. «Ces gens-là», ce sont les membres du Front patriotique rwandais (FPR), le parti politique de l'actuel président du pays, Paul Kagamé ».

Ah oui ? Quand Léon Mugesera dit ceci :

«Dernièrement, j'ai dit à quelqu'un qui venait de se vanter devant moi d'appartenir au P.L. Je lui ai dit : « L'erreur que nous avons commise en 1959 est que, j'étais encore un enfant, nous vous avons laissés sortir ». Je lui ai demandé s'il n'a pas entendu raconter l'histoire des Falashas qui sont retournés chez eux en Israël en provenance de l'Ethiopie ? Il m'a répondu qu'il n'en savait rien ! Je lui ai dit : « Ne sais-tu pas donc ni écouter ni lire ? Moi, je te fais savoir que chez toi c'est en Ethiopie, que nous vous ferons passer par la Nyabarongo pour que vous parveniez vite là-bas »,

parle-t-il vraiment du FPR quand il parle de «ces gens-là» ?

En d'autres termes, sachant que le FPR n'existait pas en 1959, qui donc Mugesera regrettait-il d'avoir laissé sortir du pays à cette époque ?

Cette défense de Gemma Uwamariya, ainsi que celle de sa fille Carmen Nono, sont brouillonnes et contradictoires.

Des fois, elles nous disent que le discours de Kabaya est un « faux », ensuite elles prétendent qu'il ne s'agissait que d'un discours de « légitime défense » contre le FPR mais au final, elles dénoncent la rediffusion de ce discours, lors de la déportation de Léon Mugesera , estimant que cette rediffusion, qualifiée d' « irresponsable », n'est destinée qu'à « condamner » Mugesera !

Tiens donc ! Depuis quand la rediffusion d'un discours patriotique, d'un discours appelant à la « légitime défense », d'un discours unificateur, est-elle « irresponsable » et est-elle destinée à « condamner » son auteur?

La famille du Général Charles de Gaulle proteste-elle contre la rediffusion de l' « Appel du 18 juin » ? La famille du Martin Luther King se plaint-elle lorsque « I have a Dream » est rediffusé à la télévision ?

Alors, pourquoi donc la famille Mugesera n'est-elle pas fière de la rediffusion d'un discours patriotique, d'un discours de résistance du chef de la famille ?

Cette rediffusion ne serait-elle pas justement une occasion supplémentaire de prendre à témoin tous les rwandais du caractère plus héroïque que criminel du discours de Kabaya ? Heureusement que le ridicule ne tue pas !

 
At February 11, 2012 at 1:12 AM , Blogger Mamadou Kouyate said...

@ Anonymous:

Please be aware that in Rwanda, up to date, the terminologies RPF-INKOTANYI and UNAR-IN.YE.NZI (note: the acronym IN.YE.NZI should not be confused with the Rwandan word Inyenzi) are interchangeable because when The Rwandan Patriotic Front (RPF) attached Rwanda on October 1st, 1990, most of its members were descendents of former members the Rwanda National Union (UNAR), a now-defunct Rwandan monarchist party, UNAR.

UNAR was founded on 3 September 1959 by Prosper Bwanakweli and was strongly supported by King Kigeri V of Rwanda.

At that the time, Rwanda was still under Belgian administration and UNAR was the leading monarchist party.

Unlike the MDR-PARMEHUTU (a Hutu political party), UNAR called for immediate independence under the hereditary (Tutsi) constitutional monarchy (just as the Tutsis of Burundi did). UNAR won 16.8% of the vote in the 1961 Rwandan election.

More info on UNAR party can be found in the following online book on page 120:

When victims become killers: colonialism, nativism, and the genocide in Rwanda
By Mahmood Mamdani

http://books.google.com/books?id=QUEamxb89JcC&pg=PA120&lpg=PA120&dq=unar+rwanda&source=bl&ots=pS_f94Nuhp&sig=NS7DbcpELOtn2gQ63du38ONG2WM&hl=en&sa=X&ei=Cf41T4-3Nabu0gHT27nUAg&sqi=2&ved=0CHEQ6AEwCQ#v=onepage&q=unar%20rwanda&f=false

 

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