Thursday, January 19, 2012

Rwanda: Extrait du Rapport Trévidic sur l'Attentat du 6 Avril 1994

Destruction en vol du Falcon 50 – KIGALI (RWANDA)
Instruction n° 2272/00/13&1341 – Parquet n° 9729523030


(Page 296):

Points de vues missiles:

Il a été crée plusieurs caméras : 


•  Caméra située côté droit de l'avion :
•  pour la position 1 en rouge caméra devant le missile visant l'avion
•  pour la position 1 en rouge caméra derrière le missile visant l'avion
•  pour la position 2 en bleu clair caméra devant le missile visant l'avion
•  pour la position 2 en bleu clair caméra derrière le missile visant l'avion
•  pour la position 3 en jaune caméra devant le missile visant l'avion
•  pour la position 3 en jaune caméra derrière le missile visant l'avion
•  pour la position 4 en violet caméra devant le missile visant l'avion
•  pour la position 4 en violet caméra derrière le missile visant l'avion
•  pour la position 5 en bleu foncé caméra devant le missile visant l'avion
•  pour la position 5 en bleu foncé caméra derrière le missile visant l'avion
•  pour la position 6 en marron caméra devant le missile visant l'avion
•  pour la position 6 en marron caméra derrière le missile visant l'avion.

-  La position 1 correspond à l’intersection de deux chemins sur le site de Kanombé
-  la position 2 correspond au cimetière de Kanombé,
-  la position 3 correspond au pylône électrique supportant une ligne à haute tension dans la plaine de Masaka à proximité de l’usine de Guttanit,
-  la position 4 correspond au lieu dit « la ferme »,
-  la position 5 correspond au bâtiment désigné «la porcherie » situé à proximité de la villa présidentielle,
-  la position 6 correspond à l’intersection de deux chemins situés en bas du cimetière de Kanombé.

(Pages 311-314):

Capacités opérationnelles du missile SA16 en matière

 d’accrochage et de probabilité d’atteinte de la cible:

  • Positions de tir MASAKA et  

Ces deux positions offrent l’avantage d’une bonne acquisition du rayonnement infrarouge émis par les réacteurs. C’est la meilleure position de toutes celles que nous avons étudiées. C’est effectivement par le ¾ arrière que l’émission du rayonnement infrarouge est la meilleure, comme nous l’avons précédemment expliqué, ce qui est connu depuis très longtemps dans le domaine de la guerre électronique, visant à protéger les plateformes de combat par des leurres crédibles.

Les distances de l’avion au moment du tir, 2012 mètres pour la position de tir et 1608 mètres pour la position de tir entrent parfaitement dans le domaine opérationnel de tir de ce système d’arme sol-air : SA16 ou équivalent. De ces positions, l’acquisition visuelle pouvait être facilement réalisée, l’avion étant vu de loin. Le tireur avait largement le temps de se préparer pour le tir : voir le tableau de séquence de tir simplifié. C’est à partir de ces deux positions que la probabilité d’atteinte est la plus élevée de toutes les positions de tirs étudiées.

Par contre, de par la configuration des réacteurs de l’avion, la source chaude de la cible se trouve plus haute que le plan de l’aile. L’autodirecteur dirige le missile vers le point d’impact (barycentre) envisagé dans sa cellule de résolution, étant en amont mais à la même hauteur que la source chaude. De ce fait, le missile ne peut pas impacter le dessous le l’aile. Il ne peut que percuter le réacteur gauche ou celui de l’arrière. Or, cela n’a pas été le cas, compte tenu de l’examen des débris montrant que les trois réacteurs ont été épargnés par les effets de l’explosion du missile.

  • Positions de tir La Porcherie  

L’angle d’attaque est frontal : pratiquement 0°. C’est la position la plus défavorable pour accrocher la source chaude de l’avion : émissivité infrarouge insuffisante. Nous pouvons même indiquer que l’accrochage ne peut pas être réalisé, interdisant ainsi le tir. La distance missile-avion au moment du tir, de l’ordre de 671 mètres, est faible, en limite sinon en deçà des capacités opérationnelles de cette génération de missiles. De plus, aucun témoin placé à l’avant de l’approche de l’avion n’indique des tirs à trajectoire verticale. C’est la plus mauvaise des positions de tir étudiées. Cette position de tir est à exclure totalement.

  • Positions de tir camp de KANOMBE , et

En matière de rayonnement infrarouge « vu » par l’autodirecteur, l’accrochage de la cible peut être plus difficile que pour les positions MASAKA. C’est surtout le cas d’avions de combat à un seul réacteur installé dans l’axe de la cellule. Dans la configuration du FALCON 50, la source chaude produite par les trois réacteurs est plus haute et la surface du flux est nettement augmentée. L’énergie radiative n’est que partiellement masquée par la cellule de l’avion. L’accrochage de cette source émissive était possible depuis ces positions de tirs.

Les acquisitions visuelles de l’avion pouvaient se faire pendant un temps suffisamment long pour que le tireur puisse engager la procédure de tir : voir le tableau séquence de tir simplifié.

Les distances de l’avion au moment du tir, 956 m pour la position , 944 m pour la position et 1099 m pour la position , entrent parfaitement dans le domaine opérationnel de ce système d’arme sol-air.

La probabilité d’atteinte de l’avion est moins élevée que celle des configurations de tirs MASAKA. Elle était suffisante pour que, sur les deux missiles tirés, l’un d‘eux puisse toucher l’avion.

Pour ces trois configurations, le missile impacte l’aile gauche par le dessous. Tiré par l’avant de l’avion, le missile doit traverser le plan de l’aile avant d’atteindre le point d’impact théorique (barycentre) envisagé dans sa cellule de résolution. Dans ces conditions, c’est l’explosion du réservoir et la formation de la boule de feu, ce qui est cohérent avec l’événement survenu constaté par les témoins.

Conclusion:

Le faisceau de points de cohérence qui se dégage des études que nous avons conduites nous permet de privilégier comme zone de tir la plus probable, le site de KANOMBE. Dans cette zone s’inscrivent les positions et (la position ayant été écartée précédemment) c’est-à-dire le cimetière actuel et le bas du cimetière, sur un espace compris entre les façades arrière des trois maisons des ressortissants belges dont celle des époux PASUCH, et le sommet de la colline surplombant la vallée de NYAGARONGO.

Le fait que nous privilégiions ces deux positions et ne signifie pas que les missiles n’ont pas pu être techniquement mis en œuvre dans un périmètre un peu plus étendu. Nous considérons qu’une zone étendue vers l’Est et le Sud, de l’ordre d’une centaine de mètres voire plus, sous réserve d’avoir un terrain dégagé vers l’axe d’approche de l’avion, peut être prise en compte.

Ces points de cohérence sont :

-  le missile peut percuter le dessous de l’aile gauche pour exploser dans la partie correspondante du réservoir de kérosène, justifiant ainsi et c’est la seule condition, les endommagements mécaniques et thermiques importants constatés sur cette aile et la formation de la boule de feu qui a accompagné l’avion dans sa chute,

-  l’acquisition visuelle de l’avion possible pendant un temps suffisamment long pour que le tireur puisse engager la procédure de tir, aboutissant à l’accrochage de la source chaude de la cible (possible par l’énergie radiative de surface élevée), nécessité incontournable pour déclencher le tir,

-  les distances de l’avion au moment de l’accrochage et du tir entrent parfaitement dans le domaine opérationnel du système d’arme sol-air retenu,

-  le bruit du départ des missiles est entendu distinctement avant la vision de l’explosion de l’avion, ce qui a pu permettre à tout témoin dans la maison PASUCH de voir nettement les trajectoires de ces projectiles se déplaçant à très grande vitesse vers le côté gauche de l’avion, pendant 3 à 3,5 s environ, c’est-à-dire pendant presque tout le temps de parcours desdits missiles.

Quant aux deux sites de tir de MASAKA, positions et , nous avons été conduits à les écarter en raison des incohérences suivantes :

-  le missile ne peut pas venir percuter le dessous de l’aile gauche. Par cette attaque par le ¾ arrière, il pouvait aboutir dans le réacteur gauche, au-dessus du plan de cette aile, c’est-à-dire en dehors du réservoir de carburant. L’explosion du missile aurait détruit le réacteur et percé éventuellement une partie du fuselage. Le kérosène du réservoir n’aurait pas explosé, formant ladite boule de feu,

-  les bruits du départ des missiles ne pouvaient pas être entendus distinctement compte tenu de l’éloignement de ces positions vis-à-vis du témoin de référence. En outre, le bruit de ces tirs ne pouvait être entendu par tout témoin dans la maison de référence PASUCH qu’après la perception visuelle de l’explosion de l’avion : 0,45 s pour la position et 1,50 s pour la position et non auparavant, comme dans les configurations de tirs de KANOMBE. En conséquence, les trajectoires des missiles n’ont pas pu être aperçues à la suite de l’information sonore donnée par lesdits missiles,

-  les trajectoires des missiles ne peuvent pas être aperçues distinctement compte tenu de l’éloignement. De plus, le lieu de ces tirs est masqué par le sommet de la colline, étant plus bas de 100 mètres environ, empêchant de voir le premier tiers environ de la trajectoire des missiles.

De la zone de tir que nous privilégions, il y avait deux tireurs, pouvant être distants de quelques mètres, voire d’une vingtaine de mètres. Des assistants, ou servants, pouvaient être associés à ces tireurs.

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