Wednesday, February 5, 2014

La Haye : manifestation de soutien à V. Ingabire. La Hollande interpellée



Par Gaspard Musabyimana

27/01/2014

Dans un froid glacial, plus d’une centaine de rwandais et leurs amis hollandais et belges se sont rassemblés à La Haye-Pays Bas le 25/01/2014 de 11h à 15h pour une manifestation de soutien à Victoire Ingabire, présidente du parti politique FDU-Inkingi.
 
Le cortège a défilé sur une distance de plus ou moins deux kilomètres séparant le ministère des Affaires étrangères et le Parlement. L’atmosphère était bon enfant avec une chaude animation faite de chants accompagnés de battements de tambours et de sifflets. Sur les calicots, on pouvait lire : « La Hollande, cessez de soutenir le dictateur du Rwanda » ;  « Libérez Victoire Ingabire » ; etc.
 
La Haye avait été choisie car non seulement Victoire Ingabire vivait dans ce pays avant de partir au Rwanda pour son combat démocratique, mais également la Hollande est un des pays qui apporte un soutien appréciable au gouvernement rwandais.
 
Elle finance notamment la formation des magistrats, des procureurs, la construction des prisons, etc. Mais au lieu de servir et de protéger le peuple rwandais, ces structures judiciaires sont plutôt utilisées pour opprimer la population rwandaise. Toute opposition politique est durement et injustement réprimée par cette justice soutenue par le gouvernement néerlandais. Celui-ci peut donc contribuer à résoudre le problème et contribuer à éradiquer l’oppression du peuple rwandais. Aucun doute que son intervention auprès du dictateur rwandais peut faire changer pas mal de choses, notamment en faisant de l’ouverture de l’espace politique une conditionnalité pour des aides massives qu’il fournit au Rwanda.
 
Les leaders et les membres des partis politiques en exil étaient venus nombreux dans la manifestation. Outre les FDU Inkingi avec le coordinateur du parti Nkiko Nsengimana (Suisse), il y avait Joseph Ngarambe (France) de RNC, Lyumugabe (Belgique) du PS Imberakuri, Gasana Gallican (Canada) d’Amahoro People’s Congress, Jean Marie Vianney Minani (Allemagne) du parti Isangano.
 
La société civile n’était pas en reste. Il y avait Primitiva Mukarwego (Belgique) du Réseau international des femmes pour la Démocratie et la Paix (RifDP), Christiaan de Beule et Martine Syoen (Belgique) de SOS Rwanda-Burundi. Les associations rwandaises de Hollande avaient déjà déposé un mémorandum au Parlement le 21/01/2014 et étaient bien représentées par le Collectif des associations rwandaises aux Pays Bas (CARP- Lin Muyizere) et la fédération de la communauté rwandaise dans ce pays (FEDERMO- Freddy Karekezi).
 
Dans leurs discours de circonstance, les leaders politiques ont notamment insisté sur le fait que Victoire Ingabire n’était pas pour tel ou tel parti, qu’elle étaitt pour tous les Rwandais car son idéal démocratique est celui auquel aspire tout le peuple rwandais. Ils ont exigé sa libération sans condition et ont promis qu’ils ne ménageront aucun effort diplomatique pour qu’elle soit libérée.
 
Pour rappel, Victoire Ingabire est rentrée au Rwanda le 16 janvier 2010 après 17 ans d’exil.  Après des mois d’intimidations, de harcèlements et d’humiliations, elle avait finalement été jetée en prison en octobre 2010. Son seul « crime » était la décision qu’elle avait prise de rentrer dans son pays natal et sa volonté de se présenter contre Paul Kagame lors des élections qui étaient alors prévues en août de cette année. Elle avait été condamnée par la Haute Cour de Kigali après un procès inique à huit ans d’emprisonnement pour des crimes imaginaires. Elle avait fait appel. Le 13/12/2013, elle fut condamnée à 15 ans de prison ferme.
 
Si la manifestation avait réuni différents partis politiques, c’est que le cas de Victoire Ingabire est loin d’être un cas isolé. Sa condamnation est un message fort que le gouvernement rwandais a envoyé à l’ensemble de l’opposition démocratique pour la terroriser. En effet, les charges aujourd’hui retenues contre la présidente du parti FDU-Inkingi sont, à quelques détails près, les mêmes que celles retenues contre les autres chefs de l’opposition condamnés par la justice rwandaise, à savoir : Deo Mushayidi, président du PDP-Imanzi et Bernard Ntaganda, président du PS-Imberakuri.

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