Saturday, August 4, 2012

DRC: Lambert MENDE s'oppose à la réplique du Rwanda au rapport de l’ONU


imagePar Lambert MENDE OMALANGA, Ministre des Médias, chargé des Relations avec le Parlement et de l’Initiation à la Nouvelle citoyenneté Porte-parole du Gouvernement.

SourceKongoTimes! 

Lambert Mende releve le double mensonge des Rwandais dans une tentative criminelle d’opposer les communautés ethniques congolaises les unes contre les autres dans l’affaire de l’incendie de Goma. La RDC exige de nouveau l’arrêt de tout appui du Rwanda aux mutins du M23.

Au cours de sa conférence de presse d’hier, le ministre Lambert Mende Omalanga, porte-parole du gouvernement a opposé à la réplique du Rwanda au rapport de l’ONU des arguments solides. Parlant de la proposition du gouverneur Paluku, il a dit que nulle mention y figure sur une requête négociation avec quelque force négative que ce soit. Bien au contraire, poursuit le porte-parole du gouvernement, la proposition du gouverneur Paluku entre dans le cadre de la mise en œuvre de la Déclaration d’Addis Abéba du 15 juillet 2012 signée par les 15 Chefs d’Etat membres de la CIRGL. Le ministre a aussi relevé le double mensonge des Rwandais dans une tentative criminelle d’opposer les communautés ethniques congolaises les unes contre les autres dans l’affaire de l’incendie de Goma.

Kinshasa exige de nouveau l’arrêt de tout appui du Rwanda aux mutins du M23. Ce vibrant appel a été lancé hier par le porte-parole du gouvernement congolais, ministre des Médias, chargé des Relations avec le Parlement et de l’Initiation à la Nouvelle citoyenneté.

« Au bout de la lecture rapide de la réplique du Rwanda (Ndlr), qui est présentée au Conseil de sécurité de l’Onu, nous continuons d’exiger simplement que nos voisins rwandais cessent de susciter et d’appuyer, y compris par des arguties spécieuses, les forces négatives destinées à rendre l’Est du Congo ingouvernable », a déclaré hier Lambert Mende Omalanga au cours d’un point de presse. Le porte-parole du gouvernement s’est par ailleurs, étendu sur plusieurs autres points de l’actualité, entre autres sur les propos du gouverneur de la province du Nord Kivu, Julien Paluku, demandant une évaluation de l’accord de paix, signé le 23 mars 2009, entre le gouvernement et les groupes armés nationaux qui existaient dans les Kivus. Réagissant à cet effet, le gouvernement a dit considérer positivement la requête du gouverneur. Selon Lambert Mende, les propositions de Julien Paluku entrent dans le cadre de la mise en œuvre de la Déclaration d’Addis Abeba du 15 juillet 2012 signé par les 11 chefs d’Etats membres de la Conférence internationale sur la Région des Grands lacs (Cirgl). Ci-dessous, l’intégralité du discours du ministre tenu hier devant la presse.

Communication du Gouvernement

Réagissant à une déclaration de la Société civile de sa juridiction, le Gouverneur du Nord-Kivu a émis le samedi 28 Juillet le souhait de voir un mécanisme international procéder à une évaluation de l’accord du 23 mars 2009 entre le Gouvernement de l’époque et l’ensemble des mouvements armés opérant alors dans cette partie du pays ; un accord qui sert de prétexte à l’agression en cours contre notre pays dans sa partie Est. Avant même que le Gouvernement de la République, principal destinataire de cette requête n’ait réagi, on a enregistré des interprétations en sens divers à ce sujet. Une certaine opinion s’est émue de ce qu’elle considérait comme l’abandon de l’option militaire dans la gestion par la Rdc de cette guerre. On a vu par ailleurs la pseudo-mutinerie du M23 et ses initiateurs dans la région rouler les mécanismes en affirmant que le Gouvernement avait opté pour négocier avec ces faire-valoir d’une agression extérieure qualifiée.

Le gouvernement de la République a bien reçu la requête du gouverneur Julien Paluku. A l’examen, il ne ressort nulle part dans cette requête l’idée d’un quelconque choix préférentiel d’un type de gestion de la sale guerre imposée au peuple congolais qui exclurait le recours à une autre approche. Il nous faut à cet égard réitérer d’emblée le maintien, du reste rappelé par M. le président de la République Démocratique du Congo dans son entretient de samedi avec la presse nationale d’une réponse en forme d’un tableau triptyque. Des actions politique et diplomatique se déployant autour de la riposte militaire restent plus que jamais à l’agenda du Gouvernement face à ce défi sécuritaire majeur. On a beau lire la requête du Gouverneur du Nord kivu dans tous ses sens, on n’y trouve nulle mention d’une requête négociation avec quelque force négative que ce soit. Le Rwanda, que nous considérons comme la partie essentielle du problème de l’insécurité récurrente à l’Est et de sa solution, vient de déclarer dans sa réplique au rapport accablant des Nations Unies à cet effet sa disponibilité à s’impliquer dans le processus de recherche de solutions durables aux problèmes de l’Est qu’il définit à tort comme des problèmes politiques, incluant le dialogue et la réintégration des groupes armés, ainsi que la neutralisation et/ OU le rapatriement des forces négatives opérant actuellement dans la région. C’est le lieu de préciser que le M23 fait partie à l’instar des FDLR des forces identifiées comme forces négatives par la Conférence Internationale sur la Région des Grands et l’Union Africaine et qu’en tant que telle, un dialogue avec cette pseudo-mutinerie qui n’est qu’une astuce pour dissimiler une agression extérieure, n’est pas envisageable.

Le Gouvernement considère positivement la requête du Gouverneur du Nord-Kivu pour une évaluation de l’accord de paix du 23 mars 2009 signé entre le gouvernement et les groupes armés nationaux qui existaient au Kivu. Tant de choses sont dites sur cette évaluation sur le mode de la rumeur qui reste l’arme de prédilection des spécialistes de la déstabilisation. L’agitation des forces négatives du M23 autour de la perspective d’une évaluation par un mécanisme international de l’accord de 2009 procède de cette guerre psychologique que les ennemis de la paix n’ont cessé de mener contre le peuple congolais. En réalité les propositions du Gouverneur Paluku, entre dans le cadre de la mise en œuvre de la Déclaration d’Addis Abeba du 15 juillet 2012 signée par les 11 Chefs d’Etats Membres de la Conférence Internationale sur la Région des Grands Lacs (CIRCL) qui s’étaient réunis en Sommet Extraordinaire sur la situation sécuritaire dans l’Est de la Rdc. On peut lire au point 11 des décisions prises par le Sommet d’Addis Abeba ce qui suit : (Décidons) L’établissement immédiat d’un mécanisme de suivi à travers la réactivation de l’Equipe d’Envoyés spéciaux composée de son Excellence Benjamin Mpaka et Son Excellence le Général Olusegun Obansadjo pour trouver les causes profondes des conflits dans l’Est de la RDC et ainsi proposer une solution durable. Le Secrétaire Général des Nations-Unies est appelé à appuyer cette initiative. Cette décision des Chefs d’Etats s’inscrit tout naturellement dans les dispositions de l’article 15 alinéa 2 de l’accord de 2009 qui prévoit la constitution d’un tel Comité international de suivi. Le Gouvernement de la République du Congo s’est procuré une copie de la réplique du Rwanda à l’annexe au pré-rapport du Groupe d’Experts des Nations-Unies sur les violations de l’embargo sur les armes à destination de la RDC.

Par ce texte, nos voisins rwandais tentent de persuader l’opinion et particulièrement les Nations-Unies que les accusations contre eux ne seraient pas fondées, notamment le fait que des personnalités prééminentes dans l’appareil militaire ont contribué à la création du M23 en facilitant le transport des armes et le mouvement des combattants dudit mouvement par son territoire ; en approvisionnant en armes et munitions le M23 ; en exerçant des pressions sur des politiciens et des hommes d’affaires congolais au profit du M23 ; en portant appui à plusieurs autres groupes armés à l’Est de la RDC et en appuyant des personnes poursuivies par la justice internationale. Le Gouvernement de la RDC constate qu’un certain nombre de points évoqués dans la réplique du gouvernement rwandais suscitent plus de nouvelles problématiques qu’elles n’apportent de clarté aux questions soulevées par le rapport des experts onusiens.

Ainsi que nous avons pu le démontrer récemment, l’implication rwandaise dans la guerre conduite par le M23 est avérée non seulement de par les preuves apportées par le rapport des experts des Nations Unies, mais aussi conformément à d’autres sources indépendantes les unes des autres que sont notamment les populations locales, premières victimes de l’agression, les ONG telles que Human Rights Wacht dont les difficiles relations avec le Gouvernement de la RDC sont de notoriété publique. Il ne viendrait à l’idée de personne qu’il pourrait exister une complicité quelconque entre cette ONG internationale et le Gouvernement congolais. Les observateurs en question ont été en outre dûment vérifiées par la Force onusienne de la Monusco ainsi que par les rapports des services d’intelligence du Gouvernement congolais qui a parié ces 3 dernières années sur la bonne foi du partenaire rwandais et n’avait aucun intérêt à noircir le tableau. Des vérifications ont été aussi faites par la délégation du Premier Ministre congolais en visite au Kivu en juin dernier. Ce ne sont pas des sources « anonymes et compromises » comme l’affirme le Gouvernement Rwandais dans sa réplique. Il ne suffit pas d’accoler ces adjectifs à une source dont la fiabilité ne fait l’ombre d’aucun doute pour jeter le doute sur la véracité de faits établis par le rapport d’experts de l’ONU. Prétendre que même BBC aurait intérêt à falsifier la vérité dans le cadre d’on ne sait quelle campagne de désinformation orchestrée contre le Gouvernement rwandais qu’on considère généralement comme en très bons termes avec les pays occidentaux dépasse les limites du raisonnable.

Les preuves apportées par le rapport d’experts des Nations Unies ne sont donc nullement basées sur des témoignages biaisés. Un témoignage n’est pas à qualifier de « biaisé » du simple fait qu’il n’est pas confirmé par la personne physique ou morale mise en cause dans le fait répréhensible dénoncé. Ainsi pour le Rwanda, le seul fait que le rapport des experts des Nations Unies ne corresponde pas à la version qu’il souhaitait voir développée sur ces graves événements pour dissimuler les vrais acteurs, rendrait celui-ci peu crédible. Ce type d’argumentation ne tient pas route, c’est le moins que l’on puisse dire, étant entendu qu’aux faits on n’oppose pas des états d’âme ou des arguties. Les recrues de nationalité rwandaise arrêtés dans les rangs duM23, les uniformes de l’armée rwandaise, des armes sorties des arsenaux de DRF etc, tout cela ne relèverait-t-il que de témoignages biaisés ? L’insistance sur les conditions dans lesquelles les témoignages ont été recueillis reviendrait-t-elle à dire que les personnes interrogées par la Monusco auraient subies la torture avant d’émettre leurs déclarations ? Ceci est une insinuation inacceptable pour la Force des Nations-Unies. Il faut prendre le monde entier pour des demeurés pour croire que pareille assertion emportera la conviction de qui que ce soit.

Les réponses rwandaises taxent « d’évidences fabriquées » et « témoignages téléguidés » les preuves apportées par le rapport des experts des Nations-Unies. Il faut vouloir se défendre à tout prix pour nier par exemple I ’évidence des uniformes de la Rwanda Defence Force découverts sur des éléments attrapés sur le front du M23 à proximité de Runyonyi. Contre ce fait, la réplique du Rwanda allègue qu’il est possible que l’opération conjointe entre les FARDC et la RDF ait été l’occasion pour l’une et l’autre force d’obtenir des tenues et des munitions appartenant à I’une quelconque d’entre elles. Mais là n’est pas la seule preuve qui accable nos voisins. On peut rappeler que les jeunes gens issus des rangs du M23 et interrogés par la Monusco ont donné toutes les précisions sur leurs villages d’origine au Rwanda et les circonstances de leur recrutement. Ce fait sur lequel la réplique reste muette ne relève certainement pas de l’affabulation. Prétendre qu’il faille préciser dans l’addendum au rapport des experts les noms, unités et autres détails identitaires des témoins pour rendre les témoignages fiables n’est pas défendable. On sait ce qu’il est advenu des opposants et autres personnes en délicatesse avec le régime en place dans ce pays. Les experts onusiens ne peuvent se permettre d’envoyer à une mort certaine des gens qui n’auraient pour tort que d’avoir offert leur coopération au travail de recherche de la vérité. Il est curieux de constater que la réplique du gouvernement rwandais au pré-rapport impute aux services et, forces armées de la RDC une formidable capacité que le discours officiel au plus haut niveau du Rwanda n’a cessé de railler ces jours en présentant souvent notre pays comme un véritable Etat failli.

La prétention selon laquelle le Rwanda n’aurait pas été écouté sur les accusations portées contre lui nous paraît sujette à caution. En effet, le Rwanda reconnaît lui-même, bien qu’il en minimise la portée, le fait que son Ministre des affaires étrangères a pu répondre aux allégations le mettant en cause à l’occasion de son séjour à New York. Dire tout à coup que les réponses ainsi données ne peuvent pas être considérées comme du Gouvernement rwandais qu’elle représentait pourtant en bonne et due forme ne peut nous convaincre, puisqu’il est évident que Madame la Ministre était bel et bien mandatée pour donner la version de son pays sur ces faits avant publication du rapport, que le Gouvernement rwandais avait préalablement reçu. La publication dudit rapport ne peut donc être considérée comme précipitée puisqu’elle s’est faite bien après la réplique de la Ministre rwandaise des affaires étrangères. A propos des témoignages d’officiels rwandais cités et dont nos interlocuteurs rwandais estiment qu’ils sont de nature à invalider ou -à tout le moins d’altérer le contenu de 1 annexe au rapport des experts des Nations Unies, nous constatons après en avoir pris connaissance qu’il ne s’agit que de déclarations spécieuses et peu dignes de foi car ils sont de toute évidence destinés à désorienter l’opinion publique et les enquêteurs sur des faits qui sont évidents mais auxquels on se plaît à donner de multiples interprétations plausibles.

Ainsi, tout en reconnaissant les tractations entre un Général de RDF et les ténors du M23, la réplique essaye de faire croire que c’était pour persuader ces derniers de ne pas entrer en rébellion. De quel droit, sur base de quel principe ce général rwandais se serait-il assigné la mission de ramener dans le droit chemin les brebis galeuses d’une armée étrangère à l’insu des autorités congolaises ? On conviendra que pareille attitude ne correspond à aucune règle dans les relations entre Etats. Mais le plus grave pour nous est dans le point 17 de la réplique de nos collègues rwandais évoquant la montée d’une rhétorique de haine ethnique observée dans les médias congolais et les réseaux sociaux avec des conséquences dramatiques pour les rwandophones congolais. S’agissant des réseaux sociaux (Internet), nous avons noté avec surprise que le gouvernement rwandais rend le gouvernement et le peuple congolais responsable d’un posting manifestement anonyme sur You Tube d’un internaute surnommé « Evêque Elizée » du nom d’un prophète de l’ancien testament qui appelle à la « guerre sainte contre les Tutsi » et invite les congolais à « tuer les Tutsi partout dans le monde ». Qui est cet « évêque Elisée » ? Nous ne le connaissons pas plus que les auteurs de la réplique. S’agit-il d’un congolais ? D’un rwandais ? En tout état de cause l’auteur de cette ignominie est un provocateur anonyme dont le Gouvernement de la RD Congo n’a pas à répondre des actes.

Il est arrivé que des médias publics ou privés se soient laissés aller à diffuser des propos discriminatoires ou xénophobes dans le traitement de l’actualité sur la guerre d’agression qui nous est imposée. Les rwandais savent bien qu’ils ne le disent pas dans leur réplique que chaque fois que cela a été signalé des sanctions promptes et sans complaisance ont été prises. C’est le cas du journal « Le Journal » qui est interdit de paraître jusqu’à ce jour pour un article d’incitation à la haine ethnique et c’est le cas du Directeur Général de la RTNC, la chaîne publique, suspendu de ses fonctions pour avoir laissé passer sur antenne des propos jugés xénophobes. Par contre, le Gouvernement congolais est en droit de questionner l’attitude des auteurs de la réplique du Rwanda qui se sont permis de recourir à un double mensonge dans une tentative criminelle d’opposer les communautés ethniques congolaises les unes contre les autres. En effet, le point 17 de la réplique présente l’incendie d’une partie de la résidence de la famille Bachikanira qui a coûté la vie à six enfants de cette famille de Goma le 25 Juillet comme faisant partie des persécutions contre les rwandophones congolaises. Le mensonge est double car :

1) L’incendie du 25 Juillet a été accidentel (dû à l’imprudence) et non criminel ;

2) Les Bachikanira dont les enfants sont décédés alors que les parents dormant sur une partie de la résidence préservée des flammes grâce aux secours des voisins sont en vie ; les Bachikanira donc ne sont pas Rwandophones. M. Bachikanira et sa femme ne sont ni Tutsi, ni Hutu. Ils appartiennent à une ethnie Havu de l’île d’Idjwi au Sud-Kivu. Un tel double mensonge qui vise d’une part à justifier les ingérences récurrentes du Rwanda dans les affaires de la RDC et à soulever des congolais contre des congolais enlève toute crédibilité à la plupart des allégations contenues dans la réplique du Rwanda. Au bout de cette lecture rapide de la réplique qui est présentée aujourd’hui même au Conseil de sécurité, nous continuons d’exiger simplement que nos voisins rwandais cessent de susciter et d’appuyer, y compris par des arguties spécieuses, les forces négatives destinées à rendre l’Est du Congo ingouvernable. Nous comprenons un peu mieux maintenant que l’instinct prédateur de certains acteurs dans ce pays voisin est encore plus fort que la volonté déclarée de nos deux gouvernements depuis ces trois dernières années d’œuvrer pour la paix dans notre région. Je vous remercie.

Lambert MENDE OMALANGA Ministre des Médias, chargé des Relations avec le Parlement et de l’Initiation à la Nouvelle citoyenneté Porte-parole du Gouvernement.

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